Economie : Neuf réalités économiques de la France

Publié le par La vérité depitée

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Les 9 réalités économiques que chaque citoyen devrait connaître avant de voter

 

1. Le poids de l’État dans l’économie française

 

Tous les trimestres, l’INSEE publie la « valeur ajoutée » créée par chaque secteur de l’économie française. Il est donc très facile de séparer les secteurs étatisés (Administration, Santé, Transports, Éducation) des autres secteurs dont nous supposons qu’ils sont les secteurs libres. Il suffit ensuite de calculer le ratio entre le secteur libre (où quantités et prix sont déterminés par le rapport entre l’offre et la demande) et le secteur administré dans lequel rien de tel ne se produit et où les quantités et les prix sont déterminés par des décisions politiques ou administratives, pour se faire une idée du poids de l’État dans le système économique.

Depuis 1978 (date du début des statistiques dans ma banque de données), le poids de l’État n’a cessé de croître, cycle après cycle comme en fait foi la tendance linéaire (droite des moindres carrés). Dire le contraire est un mensonge.

 

2. Croissance structurelle de l’économie française

 

La croissance structurelle de l’économie française, que je définis comme le taux de croissance moyen du PNB en VOLUME sur sept ans ne cesse de baisser depuis 1978.

Depuis 1978, le taux de croissance moyen sur les sept années précédentes est passé de prés de 4% à un peu plus de 1%, ce qui ne peut s’expliquer ni par la démographie, ni par l’évolution technologique, ni par la globalisation, puisque des pays similaires à la France n’ont pas connu une telle évolution (Suède, Canada etc.)

 

3. Croissance de l’État et croissance économique

 

[…] Passé un certain point, la croissance de l’État devient nuisible. Et ce point a été passé en France il y a longtemps.

La raison en est très simple : dans le secteur de l’économie libre, quand une activité n’a plus de clients solvables, elle disparaît. Rien de tel dans le secteur public qui continue à gaspiller capital et main d’œuvre. Ces gaspillages entraînent une baisse du taux de croissance structurelle. C’est pour cette raison que l’URSS a sauté et que le mur de Berlin est tombé…

[…] Toute politique de relance keynésienne est une foutaise, puisqu’elle entraine toujours un accroissement du poids de l’État dans l’économie et donc une baisse de la croissance structurelle. Pour éviter un ralentissement de court terme, ces politiques mettent en danger la croissance future.

La croissance du poids de l’État a, comme je vais essayer de le montrer maintenant, d’autres conséquences négatives qui toutes contribuent au ralentissement de la croissance.

 

4. Croissance de l’État et Chômage

 

Plus l’État croît en pourcentage du PNB, plus le chômage augmente […].

Tout semble indiquer que la France va connaître une forte augmentation du chômage dans les mois qui viennent, ce qui semble avoir bien commencé. Une règle approximative serait que chaque fois que l’État ou les collectivités locales embauchent un fonctionnaire cela « crée » deux chômeurs. Mais l’accroissement du poids de l’État à d’autres conséquences, en particulier sur la dette.

 

5. Croissance de l’État et endettement public

 

La différence essentielle entre le secteur public et le secteur privé se trouve dans le mode de financement. Le secteur public, en particulier en France puisque les pouvoirs politiques n’ont pas présenté un seul budget en équilibre ou en surplus depuis 1973, tend à être toujours en déficit. Une augmentation de son poids se traduit donc toujours par un recours accru à l’emprunt et donc par un recours accru à la dette. […]

Il est donc à craindre que notre pays n’entre dans ce que les spécialistes appellent une « trappe à dette ».

 

6. Taux d’intérêts, taux de croissance et trappe à dettes

 

On dit donc qu’un pays est dans une trappe à dette quand ses taux d’intérêts sont supérieurs à son taux de croissance nominal. Aujourd’hui, c’est le cas de la Grèce, de l’Italie, de l’Espagne, du Portugal, de l’Irlande…

La France a passé la majeure partie des trente dernières années dans des trappes à dette […].

Comme il est fort à craindre que l’économie ne ralentisse sèchement en 2012-2013 et qu’il est presque impossible que les taux baissent, compte tenu de la détérioration constante du bilan de notre pays depuis trente ans, il est donc probable que nous soyons en train de rentrer dans une trappe à dettes. En fait, il serait logique d’attendre une hausse des taux en France, puisque cela s’est déjà produit en Italie, en Espagne ou au Portugal… Et cette fois-ci, cette hausse des taux frappera un pays qui souffre d’un important déficit primaire au niveau de son budget.

 

7. La France est en déficit primaire

 

Les spécialistes aiment à calculer les déficits ou les surplus « primaires ». De quoi s’agit-il ? C’est tout simple.

Imaginons que la France décide de faire faillite sur sa dette et refuse de payer les intérêts qu’elle s’est engagée à verser. Dans ce cas, et comme le montre le graphique suivant, le déficit du budget serait encore d’environ 3,5% de son PNB… Le déficit ou le surplus primaire correspond à la situation budgétaire hors paiements des intérêts. Le pays qui est dans une telle situation est de fait en cavalerie puisqu’il emprunte pour payer les intérêts qu’il doit…

Comme on le voit, le déficit primaire français est à un niveau rarement atteint dans notre histoire. Si l’économie française rentre en récession en 2012 (ce qui est très probable) et si les taux d’intérêts montent comme ils ont monté en Espagne ou en Italie, personne ne voulant plus prêter à un pays aussi peu sérieux, alors notre déficit primaire explosera à la hausse (baisse des recettes, hausses dépenses) avec la charge de la dette, et le FMI pourra louer des bureaux à Paris.

La France est à la veille de perdre sa souveraineté financière, comme dans les meilleures années de la IVe République. La situation interne est catastrophique. Hélas, un malheur n’arrivant jamais seul, la situation externe n’est guère meilleure. La France n’est en effet plus compétitive sur les marchés internationaux.

 

8. La France n’est plus compétitive

 

Comme chacun le sait, le but de la classe politique française, tous partis politiques confondus, a été de distribuer des avantages non gagnés à l’électorat de notre pays. Malheureusement pour eux, mais surtout pour nous, nous ne sommes pas seuls au monde et tous ces « avantages » représentent des coûts supplémentaires pour notre pays, ce qui l’empêche de rester compétitif.

Le paradoxe extraordinaire est que pendant cette même période, ces mêmes élites ont voulu à tout prix nous coller dans un régime de taux de change fixe avec un pays qui non seulement ne commettait pas les mêmes erreurs mais qui en plus essayait de corriger celles qu’il avait pu commettre, l’Allemagne pour ne pas la nommer. Les entreprises françaises étaient de ce fait littéralement envoyées au « casse pipe », un peu comme les poilus en 1914-1918… De ce fait, ces entreprises n’avaient pas d’autre choix que faire faillite (mort au champ d’honneur) ou se délocaliser (désertion).

C’est bien sûr ce qui explique l’effondrement de la production industrielle française par rapport à la production industrielle allemande depuis l’arrivée de cette sinistre farce qu’est l’Euro […].

Avant l’Euro, les croissances françaises et allemandes étaient similaires. Depuis l’an 2000 et à cause de l’Euro qui empêchait l’ajustement par le taux de change, la production industrielle française a baissé d’environ 10%, alors que son homologue allemand est monté de plus de 25%. La réalité se venge… toujours.

 

9. Les déficits extérieurs français explosent

 

Quand un pays cesse d’être compétitif, d’habitude, sa balance commerciale se détériore. C’est bien ce qui est en train d’arriver à la France depuis l’arrivée de l’Euro.

Sans l’Euro, quelque chose d’aussi stupide que les 35 heures auraient dû être payé « cash » par une solide dévaluation. L’Euro a empêché ces ajustements d’avoir lieu et donc notre déficit extérieur ne cesse de se creuser (d’environ un peu moins de 1% du PNB par an).

Et encore et toujours, nous finançons ces déficits en ayant recours à l’emprunt. Aujourd’hui plus de 60% des dettes émises par l’État français sont détenus par des étrangers, qui donc d’abord nous prêtent de l’argent pour que nous puissions payer nos fonctionnaires et ensuite nous re-prêtent de l’argent pour que ces fonctionnaires puissent acheter des biens produits à l’étranger.

L’Euro est l’outil qui permet aux rentiers français d’avoir un niveau de vie supérieur à celui qui devrait être le leur. Cette prime au rentier est payée par les entrepreneurs et les travailleurs du secteur privé. Mais cela veut dire en termes simples que le niveau de vie français d’aujourd’hui n’est pas un niveau de vie gagné, mais bien un niveau de vie emprunté.

C’est ce que les Grecs ont fait pendant les vingt dernières années, et le moins que l’on puisse dire est que le réveil a été dur…

 

Par Charles Gave

Pour voir les graphiques et les détails, la source : www.institutdeslibertes.org

 

Publié dans Economie

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