Littérature : Chateaubriand était aussi un poseur

Publié le par La vérité depitée

 «M. de Chateaubriand était un génie, mais c'était aussi un rôle plus qu'un homme.» En citant d'emblée ce jugement de Lamartine, Ghislain de Diesbach oppose les deux faces de son héros.

Au recto, le romantique qui affole les jeunes filles chrétiennes avec des tragédies en carton-pâte; l'affabulateur niagaresque aux longs cheveux flottant dans le vent; le mégalomane qui s'écrie après la bataille d'Eylau: «Si Napoléon en avait fini avec les rois, il n'en avait pas fini avec moi.»

 

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Au verso, l'auteur des Mémoires d'outre-tombe, dont chaque chapitre contient dix formules éblouissantes, dix raccourcis prodigieux. Tel est le paradoxe de ce Malouin devenu ministre des Affaires étrangères après avoir joué les trappeurs au Nouveau Monde et bouffé de la vache enragée dans une mansarde londonienne.

Tout en posant pendant quatre-vingts ans pour la postérité, il analysa son époque mieux que quiconque. Du suicide de la noblesse en 1789 jusqu'à l'horizon borné des louis-philippards, il sonda les coeurs, il devina les arrière-pensées de ses contemporains. Cette superbe biographie retrace le parcours d'un grand voyageur immunisé contre la modestie et la sobriété - mais aussi contre la fadeur.

 

Source : lexpress.fr

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