Politique : Le coût faramineux du programme Mélenchon

Publié le par La vérité depitée

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D'après l'Institut de l'entreprise, la facture de 7 mesures dépasse à elle seule les 130 milliards en 2017.

C'est une machine à remonter le temps. Entre nationalisation et promesses sociales ultragénéreuses, le programme de Jean-Luc Mélenchon fleure bon 1981. Mais cette fois, les marchés financiers ne laisseront probablement pas deux ans à la France pour prendre le virage de la rigueur. La sanction sera immédiate. Car le coût du projet du Front de gauche est vertigineux. L'Institut de l'entreprise, un think-tank patronal, qui a fait évaluer le coût des programmes des principaux candidats par des spécialistes budgétaires de tous bords politiques (hypothèses et calculs sur www.debateco.fr), s'est penché sur sept mesures spécifiques. Et la facture dépasse les 130 milliards d'euros pour les caisses publiques… Autant dire que le chiffrage fait par le Front de gauche - 120 milliards pour l'ensemble de son programme - est mis à mal.

Parmi les idées les plus coûteuses figure le remboursement à 100 % des dépenses de santé, lunettes et soins dentaires inclus. D'après l'Institut de l'entreprise, la note serait comprise entre 23 et 76 milliards par an en fin de mandat, selon la part complémentaire laissée aux mutuelles. Le Front de gauche a une évaluation à 40 milliards. Jean-Luc Mélenchon frappe aussi très fort sur les retraites puisqu'il promet le droit à la retraite à 60 ans à taux plein pour tous (à 75 % du salaire de référence), la prise en compte de la pénibilité et la garantie qu'aucune pension ne sera inférieure au smic. L'Institut de l'entreprise estime que cette réforme coûtera au bas mot 27 milliards par an en fin de mandat, et ce sans prendre en compte les mesures sur la pénibilité et le plancher de salaire (deux points non chiffrables).

 

800.000 emplois détruits
 

Sur le volet éducation, l'Institut chiffre les dépenses entre 21 et 25 milliards par an en 2017, contre 10 pour le Front de gauche. Paradoxalement, dans ce bloc, le rétablissement des 60 000 postes supprimés dans l'Éducation nationale depuis 2007 n'est pas, d'après l'Institut de l'entreprise, la promesse la plus onéreuses (1,9 à 2,2 milliards par an). Le doublement du budget public de la recherche l'est bien davantage (13,9 milliards).

Les équipes de Jean-Luc Mélenchon déclarent financer largement leurs dépenses grâce à 160 milliards de hausses d'impôt et autres coupes dans les niches fiscales. Sauf que certaines mesures seront contre-productives, prévient l'Institut de l'entreprise. La taxation des revenus dits «de la spéculation financière et immobilière» pénalisera en fait les épargnants pour 8,7 à 9,9 milliards par an en fin de mandat. Mais il y a pire. La suppression de 30 milliards d'exonérations de charges sur les bas salaires, combinée à la hausse immédiate du smic à 1700 euros brut, créera un choc sur le coût du travail. 800.000 emplois, au moins, pourraient être détruits. Coût net de cette hausse du chômage: 10 milliards environ.

Bref, le bouclage est très loin d'être garanti. Et à cela s'ajoute le coût de la renationalisation complète d'EDF, de GDF Suez, d'Areva et de Total. Cette mesure n'aggraverait pas le déficit public mais la dette serait alourdie de 142 à 152 milliards d'euros d'après l'Institut de l'entreprise. Ou comment augmenter l'endettement de la France avec une seule mesure…

 

Par Cécile Crouzel

 

Source : lefigaro.fr

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