Sujet de société : La vérité sur les nuggets

Publié le par La vérité depitée

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Ceci est du poulet séparé mécaniquement.

Les poulets sont transformés dans cette espèce de pâte qui sera ensuite transformée par la magie de l’industrie agro-alimentaire en délicieux nuggets.

 

Appétissant, n’est-ce pas?

Mais peut-être que la lecture du processus de traitement de cette pâte de poulet calmera votre appétit :  

la pâte étant grouillante de bactérie, elle est nettoyée à l’ammoniaque, baignée dedans, pour tout dire. Comme le goût n’est vraiment pas terrible, ils ajoutent des parfums artificiels. De même pour la couleur étrangement rose bonbon, qui est trop bizarre en l’état et qui sera transformée par des colorants artificiels.

 

Alors, toujours envie de nuggets?

 

Source : www.gizmodo.fr

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Michel 06/05/2012 10:38

Le carnet de Christine Clerc.
Coup de blues
Christine Clerc le jeudi, 03/05/2012

La basilique de Saint-Denis, où reposent les rois de France, n’est qu’à quelques stations de RER ou de métro du coeur de Paris. Mais en vingt minutes de trajet, on change radicalement de monde.

Je me souviens m’y être rendue il y a dix ans, trois mois après la réélection de Jacques Chirac. À la sortie du métro, les jeunes filles voilées étaient déjà nombreuses devant l’université. À
l’entrée de la basilique, alors occupée par des sans-papiers, trois femmes voilées de noir, assises derrière une longue table qui barrait l’accès de la nef, contrôlaient les visiteurs. Ce jour-là,
j’ai pensé que si j’avais dû habiter là-bas, j’aurais probablement voté FN.

L’année d’après, à la suite d’une “tournante” dans un collège du “9-3”, je rendais visite à la principale dudit collège. Mobilier moderne, batterie d’ordinateurs… Mais cette belle femme d’origine
tunisienne, la cinquantaine élégante, se montrait découragée : sur ses 617 élèves – dont 50 % étaient d’origine africaine et 35 % d’origine maghrébine, le reste composant une mosaïque de Kurdes,
Pakistanais, Turcs, Irakiens, etc. – , la moyenne des notes, bien que relevée pour plaire au ministre, était de 6,4 sur 20. « Si vous saviez, pourtant, soupirait-elle, tout ce qu’on fait : l’aide
personnalisée, l’éducation à l’hygiène, à la sexualité, au droit…» Mais rien n’empêchait les résultats désastreux en matière d’apprentissage de la lecture et de l’écriture. Ni les violences.

Quelques jours auparavant, un adolescent juif avait été tabassé par une quinzaine de blacks, beurs et Blancs. Six professeurs avaient dû s’interposer pour empêcher qu’on lui fracasse la tête contre
une baie vitrée. Alors, ses parents étaient allés inscrire leur bûcheur à lunettes, qualifié par ses camarades de “bouffon”, dans un établissement parisien.

Un peu plus loin, sur la ligne de RER, on pénètre dans le Val-d’Oise. Là, à Goussainville, dans un lycée tout neuf, en face d’immeubles roses de trois étages, les profs s’étaient mis “en retrait”
après le passage à tabac d’un surveillant qui tentait de s’opposer à un racket. Ils exigeaient du ministère la construction, autour de l’établissement, de véritables douves. En attendant, regroupés
en état de siège dans un bureau, ils parlaient, parlaient : « Ils vous projettent du gaz à la figure si on ouvre la porte… » Qui ça, “ils” ? « Je vous préviens, m’interrompit une enseignante, très
choquée : si vous posez ce genre de questions, on vous vire ! »

Je poursuivis cependant mon tour de France, avec mes questions. De Roubaix à Marseille, mais aussi à Brive, au coeur de cette “France profonde” réputée paisible où, dans un collège modèle avec
atelier de théâtre et de danse et réfectoire pimpant ouvrant sur un jardin, un professeur venait d’être agressé… Je voulais mettre à jour mon livre Le bonheur d’être français et il me fallait voir
aussi, parmi tant de paysages merveilleux, d’entreprises innovantes et de raisons d’espérer, les zones d’ombre. Je n’avais pas pensé qu’elles seraient si nombreuses.

Mais je croyais encore à la volonté politique.